L’arnaque aux SMS rapporte gros



« Salut, c'est Sophie ! Rappelle-moi vite au 08... ». Inoffensif au premier coup d'œil, ce SMS pousse le destinataire crédule à appeler sans le savoir un numéro surtaxé. C’est une arnarque simplissime et très lucrative, mais difficile à combattre.

 

« Pour monter une affaire comme celle-là (...), il faut quelques ordinateurs et puis c'est tout », note le directeur général de la Fédération française des télécoms, Yves Le Mouël. Plus de 30 000 SMS frauduleux sont signalés chaque mois par des clients, au numéro d'alerte 33700.

En outre, la pratique plus récente de ce que l’on appelle les « ping calls » gagne du terrain : ce sont des appels très brefs que les destinataires croient avoir raté. Lorsqu'ils rappellent, ils tombent sur un numéro surtaxé.
Ces arnaques rapporteraient des millions d'euros par an, selon M. Le Mouël.

Quant à la mise en œuvre, c'est un jeu d'enfant, assure Adeline Champagnat, chef adjointe de l'Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l'information et de la communication (OCLCTIC).

A l'aide d'une ou plusieurs sociétés écran, les escrocs louent des numéros surtaxés, puis installent, avec l'aide d'un ingénieur télécoms, des « pondeuses » - des ordinateurs qui vont envoyer de façon automatisée des milliers de SMS et d'appels renvoyant vers ces 08. Le client qui rappelle tombe le plus souvent sur une musique d'attente... facturée au prix fort.

Grâce aux signalements auprès du 33700, les opérateurs ont suspendu près de 800 numéros en 08 depuis novembre 2008. Mais il reste difficile d'appréhender les criminels qui les exploitent, car ceux-ci « changent d'identité et de société dès qu'ils sont coincés », selon M. Le Mouël.

Pour l'OCLCTIC, « c'est une priorité, parce que cela rapporte tellement d'argent qu'on peut se demander si certaines sociétés n'utilisent pas ces systèmes pour financer d'autres activités, par exemple le trafic de stupéfiants ou le terrorisme ». Mais les escrocs se jouent des frontières en basant leurs entreprises fictives à Londres, New York ou au Costa Rica.

 

Source : Midi Libre (13 août 2010)