Surveillance du salarié rime bien souvent avec violation de la vie
privée. En ce sens, un arrêt récent du 26 novembre 2002, rendu par
Toutefois, l’employeur peut parfois être amené à mettre en place un système de surveillance de ses salariés afin de collecter des données qui peuvent être utilisées pour la sécurité de l’entreprise ou encore lors de litige. Dès lors, qu’elles sont les contraintes et les précautions à prendre ? Quel formalisme respecter dans le recueil d’éléments de preuve ?
I)
LES
PRINCIPES DE DROIT
- dans l’article 9 du code civil :
« Chacun a droit au respect de sa vie
privée. Les juges peuvent sans préjudice de la réparation du dommage subi,
prescrire toutes mesures ... propres à empêcher ou faire cesser une atteinte à
la vie privée. Ces mesures peuvent s’il y a urgence, être ordonnées en
référé. »
- dans l’article L 120-2 du code du travail qui vient renforcer « proportionnellement » ce droit :
« Nul
ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et
collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la
tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché. »
L’arrêt Nikon confirme l’immixtion entre vie privée/vie professionnel sur le lieu de travail et remarque que le salarié a droit, même au temps et au lieu du travail, au respect de l'intimité de sa vie privée ; celle-ci implique en particulier le secret des correspondances. L'employeur ne peut dès lors sans violation de cette liberté fondamentale prendre connaissance du contenu des messages personnels émis par le salarié et reçus par lui grâce à un outil informatique mis à sa disposition pour son travail et ce même au cas où l'employeur aurait interdit une utilisation non professionnelle de l'ordinateur.
C’est elle qui permet de déterminer s’il est possible de surveiller le salarié sans porter atteinte à sa vie privée. Le temps de travail effectif est le temps pendant lequel le salarié est à la disposition de son employeur et doit se conformer à ses directives, sans pouvoir vaquer librement à des occupations personnelles (art L 212.4, al. 1).
Ainsi, autant il est aisé de déterminer les horaires des sédentaires non cadres, autant il devient complexe d’analyser les périodes de temps de travail effectif pour les itinérants ou les cadres en forfait jours ou forfait heures (pour lesquels seules des vérifications a posteriori des tâches réalisées auront lieu). Compte tenu de la complexité des statuts et des particularités liées aux missions de chaque salarié, il conviendra systématiquement de cadrer chaque cas.
·
l’obligation
d’information du salarié, évoquée précédemment. Elle concerne l’article L 121-8 et L 432-2-1
du Code du travail :
« Aucune information concernant personnellement un salarié ou un candidat à un emploi ne peut être collectée par un dispositif qui n’a pas été porté à la connaissance du salarié ou du candidat à un emploi. » Les moyens et techniques « permettant un contrôle de l'activité des salariés » doivent faire l'objet auprès du Comité d'entreprise (pour les entreprises de plus de 10 salariés) d'une information et consultation préalable à la mise en œuvre.
Ainsi
un arrêt de la chambre sociale de
À titre d’exemple on pourrait penser qu’un système d’écoutes téléphoniques ne serait pas proportionné s’il était établi en vue de recenser la productivité de l’employé. En revanche peuvent être considérés comme proportionnels au but recherché les systèmes de vidéo surveillance installés en vue de prévenir le vol dans les banques ainsi que dans les grandes surfaces.
II)
QUELLES SONT
LES PRECAUTIONS A PRENDRE POUR LE DETECTIVE – AGENT DE RECHERCHES
PRIVEES ?
Nous l’avons vu, la surveillance du salarié doit obéir à des règles
précises et contraignantes pour l’employeur. Cependant, suivant
La filature du salarié s’avère délicate mais
son recours n’est pas impossible. Même si l’employeur, dans les textes a
le droit « de contrôler et de surveiller l'activité de son personnel
durant le temps de travail », la filature ou tout du moins le compte
rendu de filature ne constitue pas un moyen de preuve licite (Cass. soc., 22 mai
1995, n° 93-44078, Sté. Manulev service c/Salingue, Légis. soc. n°
7298 du 17 juillet 1995, Bull. n° 164). L'illicéité d'un moyen de preuve
entraîne dès lors son rejet des débats. En effet,
même si respect de la vie privée et principe de proportionnalité sont
scrupuleusement respecter par le détective privé lors de constations effectuées
pendant une surveillance, il s’avère plus délicat d’informer au préalable le
salarié d’une filature susceptible d’être exécuter. Peu de chefs d’entreprises
sont sensibilisés et prévoient de manière préventive une clause d’information dans
leurs contrats de travail ou dans le règlement intérieur de l’entreprise.
En revanche, si la filature ne peut être un
moyen de preuve illicite, elle peut permettre d’apporter les informations
nécessaires à stopper les agissements d’un employé mal intentionné. A la fin,
le constat d’huissier peut finaliser le process, constituant ainsi un moyen de preuve irréfragable
prouvant une faute du salarié. Encore faut-il que ce constat soit réalisé dans
les meilleures conditions, grâce notamment aux renseignements fournis par le
détective. Dans un arrêt de
Dans le cas de faute recouvrant des infractions pénales (vols, dégradations…), les constations effectuées par un détective peuvent servir aux services de Police et de Gendarmerie afin d’organiser un flagrant délit. Tout comme les repérages d’un détective peuvent entraîner l’intervention des COLTI (Comités opérationnels de lutte contre le travail illégal).
Il en va de même pour les arrêts maladie
abusifs ou les faux accidents du travail qui représentent un coût exorbitant pour
l’entreprise : un salarié en arrêt maladie équivaut à 2,5 fois son salaire
normal. Face à l’ampleur de la fraude, le détective est un bon moyen de
constater les faits afin d’initier par la suite une contre visites médicales inopinée
au domicile des souffrants. Avec le contrôle médical patronal, les
employeurs du secteur public depuis 1986 et ceux du secteur privé depuis
l’article 7 de la loi du 19 janvier 1978 relative à la mensualisation et à la
procédure conventionnelle, ont un droit de regard sur l’arrêt de travail d’un
salarié. L’objet du contrôle est de vérifier la validité d’un arrêt de travail
et de justifier si l’état médical du salarié est effectivement incompatible
avec son travail. Dès lors, un arrêt de travail considéré comme injustifié
permet à l’employeur de suspendre le complément de salaire à partir de la date
du contrôle, et ce, jusqu’a la reprise de l’activité du salarié.
Cette contre visite statuera sur les points suivants : respect des horaires de sortie, présence du salarié à l’adresse indiquée, état de santé permettant reprendre ou non le travail. En fonction du cas, l’employeur pourra opter pour un contrôle médical simple ou une expertise médicale. L’expertise médicale est plus appropriée dans les arrêts maladie de longue durée, les accidents de travail, les maladies professionnelles...). Parce que l’absentéisme n’est en aucun cas une fatalité, ne négligez pas le rôle que peut tenir le cabinet de détective Helios Investigations.
CONCLUSION
Cette surveillance, malgré les problématiques juridiques complexes qu’elle soulève, s’avère néanmoins indispensable à la survie et à la compétitivité des PME-PMI française. Qu’elle s’exerce dans le cas de vol ou d’arrêt maladie abusif, elle constitue un rempart face à certaines dérives inhérentes au monde du travail et malheureusement de plus en plus courante. Les fraudes touchent de nombreux secteurs d’activité et pèse lourdement sur les finances et la compétitivité des sociétés. Le détective – agent de recherche devient alors un recours nécessaire aux entreprises concernées, les pouvoirs publics n’ayant pas la possibilité matérielle de lutter à grande échelle contre ce type de délit. Partenaire de la sécurité et de la prévention des risques, le détective est un acteur incontournable, nécessaire à la défense des intérêts des chefs d’entreprise.